M6 ou la vision « Maison dans la prairie » de Bobigny / Drancy

Publié: 14/04/2015 par jcdrancy dans Uncategorized

http://www.6play.fr/m6/zone-interdite/11476358-quartiers-sensibles-le-vrai-visage-des-nouveaux-ghettos

plainte jc

Le communiqué sur la Plainte de la Jeunesse Communiste de Bobigny / Drancy

Le communiqué à la va vite de la Municipalité UDI

Le maire de Bobigny Stéphane De Paoli dénonce le reportage diffusé sur M6 le 12 avril dans l’émission Zone interdite intitulé « Quartiers sensibles : le vrai visage des nouveaux ghettos ».

« Ce reportage a été scénarisé en voulant faire du sensationnel : il est racoleur et caricatural, cherchant à dégrader la ville et la banlieue en général.

Je ne peux laisser notre ville et nos habitants ainsi insultés et stigmatisés plus qu’ils ne le sont déjà. Ce reportage est un tissu de clichés et de préjugés sur la banlieue, les journalistes ont fait du voyeurisme en omettant de mettre en avant tous ceux, jeunes et moins jeunes, qui travaillent, qui enseignent, qui entreprennent, qui font des études, qui se dévouent en tant que bénévoles dans les associations… Et ils sont, de très loin, les plus nombreux !

Tout ceci, sans doute, dans le seul but de faire de l’audimat !
Tout ceci, sans aucun sens des responsabilités, alimentant objectivement la peur et les idées extrêmes de violence et d’exclusion.

Je sais que dans nos quartiers il existe des difficultés, mais je ne peux laisser croire aux téléspectateurs que tout ce qui vient de la banlieue en général et de Bobigny en particulier ne serait que déterminismes et échecs programmés.

Bobigny c’est avant tout et surtout une formidable énergie positive, le dynamisme de celles et ceux qui se battent avec des valeurs humaines pratiquées au quotidien : respect, solidarité et entraide ! La France de demain est ici : faisons-en le meilleur !

La municipalité se réserve le droit de porter plainte pour atteinte au droit de l’image de la ville. »

Stéphane De Paoli
maire de Bobigny

Pourquoi nous portons plainte contre M6

Les Jeunes Communistes des villes de Bobigny et Drancy vont déposer plainte, lundi 20 avril 2015, auprès du procureur du TGI de Bobigny, après la diffusion par M6 d’un reportage « Quartiers sensibles : le vrai visage des nouveaux ghettos », dans l’émission Zone Interdite, dimanche 12 avril. Il s’agit pour eux d’expliquer le sens de cette plainte, comme l’avaient fait il y a quelques temps les habitants de La Villeneuve, à Grenoble.


 

Depuis son siège social de Neuilly-sur-Seine, la chaîne de télévision M6 a diffusé ce dimanche 12 avril un reportage dans l’émission Zone Interdite intitulée « Quartiers sensibles : le vrai visage des nouveaux ghettos », stigmatisant nos quartiers, nos villes, notre banlieue. La Seine-Saint-Denis est devenue la cible privilégiée de certains médias, de certains discours jusqu’aux plus hautes autorités de l’Etat. A la veille, d’une visite de Manuel Valls en banlieue pour présenter le plan gouvernemental de lutte contre le racisme et l’antisémitisme, les jeunes communistes annoncent qu’ils portent plainte contre M6.

 

Avec ce reportage, M6 met en avant une propagande racoleuse mensongère et réactionnaire avec encore et toujours le même refrain : « la délinquance, l’absence du père, ou encore le communautarisme » dans un objectif évident de stigmatiser la banlieue, la jeunesse et de construire un ennemi de l’intérieur pour nous diviser.

 

En 2015, le mot d’ordre est définitivement l’unité nationale contre les quartiers !

 

« Banlieusards on est pas condamné à l’échec » chante Kery James. Plus qu’une chanson, c’est un idéal, un espoir et une ligne directrice pour les jeunes militants de quartiers que nous sommes.

 

Malheureusement, lorsque l’on regarde le reportage de Zone Interdite, tout porte à croire que c’est faux. Nous refusons ce constat. Et que l’on ne nous reproche pas de nier une réalité, car la réalité nous sommes en plein dedans, tous les jours ! C’est une vision partielle et orientée de la chaîne M6, et de nombreux autres médias, politiques et institutions, que nous refusons !

 

Nous refusons ce scénario écrit d’avance, que l’on nous rabâche depuis plus de 10 ans, où les problèmes des quartiers riment toujours avec « no go zone », délinquance, décrochage scolaire, immigration, familles monoparentales, religion musulmane…

 

S’il y a bien une crise dans nos quartiers, elle est sociale, elle est économique, elle est celle de la légitimité à l’égard de ceux qui nous insultent à longueur de journée.

 

Oui il est difficile de croire dans un changement social à l’heure où les riches sont toujours plus riches et où tous les services publics sont démolis.

Oui il est difficile de faire confiance à une classe politique largement discréditée par les affaires, au sein de laquelle nous ne sommes pas ou peu représentés.

Oui il existe un sentiment d’abandon et d’injustice, alimenté dans la tête des jeunes par l’expérience des discriminations institutionnelles telles que les contrôles au faciès, les multiples refus d’embauches à cause d’un nom ou d’une ville, l’interdiction d’étudier ou de travailler avec un voile, des professeurs non remplacés dans les écoles etc.

La violence, c’est ici qu’elle se situe. Elle est politique. Et elle s’appuie sur un système médiatique qui cherche à la faire oublier en faisant du sensationnel, en faisant de nos quartiers des zones de guerre, et de ses habitants au mieux des pauvres assistés au pire des futurs terroristes.

 

Paternalisme, mépris et valeurs de la République

 

« Qu’est ce que ça fait d’être un problème ? » écrivait le sociologue et militant W. E. B. Dubois en 1903. C’est cette question que se posent constamment les habitants de nos quartiers, et notamment les jeunes.

 

Depuis le début de l’année 2015, et les massacres de Charlie Hebdo, les quartiers populaires sont la cible d’attaques toujours plus violentes. Nous sérions à la source du mal. Il est bien loin le temps de l’unité nationale et de l’esprit du 11 janvier.

 

Aujourd’hui, il faudrait nous éduquer, nous assimiler, nous faire devenir républicains voire laïcs. Il faut que nous nous désolidarisions de la barbarie, puisque bien entendu nous ne le serions pas à en croire l’image construite et véhiculée dans de tels reportages.

 

Comment ne pas avoir une aigre sensation de paternalisme et de mépris lorsque le journaliste demande à une jeune maman de 5 enfants si « elle n’avait jamais pensé à la pilule ? » et si ses « enfants étaient désirés ? »

 

Ces images, ces idées véhiculées dans ce reportage mettent terriblement à mal le travail fait au quotidien, avec les jeunes, par les jeunes et pour les jeunes ! Comment vouloir sortir la tête de l’eau lorsque l’on nous la maintient au fond constamment ?

 

Ils divisent, on rassemble !

 

Et pourtant il en existe des centaines, des milliers, individuellement ou collectivement, qui s’investissent, s’engagent, entreprennent, réussissent.

 

Où se trouvait M6 ?

– Il y a un mois lorsque les lycéens de Louise Michel se mobilisaient contre la baisse des moyens dans leur lycée, la suppression des options et pour une égalité réelle du droit à l’éducation ?

Alors que se battre pour l’éducation, c’est se battre pour la République !

– Pendant la mobilisation des parents et enseignants des collèges et écoles de la ville pour les mêmes raisons ?

Cela casserait-il l’image des parents démissionnaires ?

– Lorsque des dizaines d’associations agissent tous les jours avec peu de moyens ?

Des noirs et des arabes qui gèrent des associations ? Pas assez exotique ! 

– Lorsque nous réalisons des tournois de foot pour des grandes causes internationales ? Des cours de soutien ? Des bourses de matériel scolaire solidaires ? Des soirées débats autour de films ou d’intervenants ? Des mobilisations et des campagnes pour nos droits sociaux ou contre l’islamophobie et pour le vivre-ensemble ?

 

Des centaines de jeunes qui s’engagent et s’investissent : pas assez cliché !

 

Enfin, pourquoi M6 d’habitude si pressée à vanter les mérites du « self made man » à l’américaine ne dit pas un mot de tous les jeunes qui entreprennent, qui étudient et qui réussissent !

 

Nos banlieues regorgent d’une richesse et d’un potentiel qui dérange !

 

Nous portons plainte !

 

Ce reportage a été un véritable choc pour les jeunes militants de Bobigny que nous sommes, pour nos amis, nos familles, nos connaissances… Entre écœurement et colère, comme les habitants de Tremblay ou de La Villeneuve qui ont su se lever et dire non, nous avons décidé de réagir sur le terrain des idées et de la justice.

 

Nous ne baisserons plus la tête. Nous portons plainte pour diffamation publique, ainsi que pour discrimination. Nous voulons être entendus. Nous voulons que ceux qui à la télé ou ailleurs diffusent la haine de l’autre et attisent les divisions soient reconnus coupables.

 

Au-delà de Bobigny, au-delà des quartiers ou de la banlieue, nous réagissons pour la France, pour le vivre-ensemble auquel nous aspirons !

 

Quand ils divisent, on rassemble !

 

 

Il serait bon que la municipalité se porte partie civile avec la plainte de la JC de Bobigny Drancy…

Mais il ne faut pas rêver..

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